Arthur Bernède est un autre de ces romanciers populaires, qui connut un grand succès dans les années vingt et trente, mais que la critique phagocytée par l’esprit germanopratin, qui, de découvreur de talents, se transforma en conservateur de musées après la guerre, décida d’enterrer avec tout ce qui pouvait, ou avait pu plaire au grand public, lequel, rappelons-le, doit toujours être éduqué par ceux qui savent mieux. Si la qualité littéraire de ses œuvres peut parfois mal résister à l’épreuve du temps, son imagination paraît toujours aussi vivace. Judex est l’une de ses œuvres les plus célèbres, et un de ses cinéromans précoces. Portée à l’écran par Louis Feuillade, et avec dans le rôle de Diana Monti, la belle Musidora, muse des surréalistes, l’histoire d’un justicier à cape noire qui se bat contre un banquier véreux et une sulfureuse aventurière, fit de « Judex » un des premiers héros « Pulp » à la française.