Dans notre "Belle France" post-Lumières, l’adhésion obligatoire à la morale a eu « raison » de la liberté d’expression. Des millions de gens sortis du même moule sont prêts à défiler quand des journalistes sont assassinés au nom de la plus ignoble des idéologies. Mais ils ne sont pas prêts à accepter la diversité des points de vue quand ceux-ci contredisent la morale dominante.

Michel Host est un grand écrivain français. Goncourt 1986, on l’avait oublié. Lui, il s’en moque, il est de retour. Mais pas du "bon côté". On peut être irrité par la virulence de sa pensée polémiste, on sera sûrement choqué par certaines de ses saillies. Et alors ? Il ne prétend pas être un philosophe, il ne souscrit pas à l’utopie simplette dont nous rebattent les oreilles les journaux obligatoires du gotha parisien.

Alors, Host fâchera ? Ça oui… ! Ses "Carnets d’un fou", dont nous commençons la co-publication avec la Cause Littéraire pour cet opus 2014, sont la plus violente attaque contre la morale dominante (attaque parfois, souvent excessive) depuis "Les particules élémentaires", "La belle France", ou même "Humain, trop humain". Les "Carnets", ce n’est pas de la dynamite, c’est une promenade au clair de lune dans un champ de mines.