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La croisade des Albigeois

par Guillaume de Puylaurens

Prix : 1,99 €
ISBN : 978-1-909782-91-4
Nombre de pages : 227 pages
Langue du livre : français

Thème : Idées

La croisade des Albigeois est la lutte entreprise par l'Église catholique au début du XIIIème siècle contre l'hérésie cathare qui se développait dans le Languedoc.

La Chronique de la Croisade des Albigeois de Guillaume de Puylaurens raconte l'histoire du midi de la France depuis le début du XIIIème siècle jusqu'en 1272, après que le comté de Toulouse ait été hérité par le roi de France. Guillaume de Puylaurens fut un témoin de ces évènements et fut en contact avec des auteurs importants, secrétaire de l'évêque de Toulouse et confesseur du comte de Toulouse, Raymond VII.

Guillaume de Puylaurens était ecclésiastique, très hostile à l'hérésie cathare et très partisan de la croisade. Il expose toutefois les faits sans systématiquement les juger. Il dut écrire sa chronique dans une période assez courte dans les années 1270 pour laisser un témoignage sur cette longue période de conflits.

La Chronique a été écrite en latin. Nous en donnons une traduction en français moderne, faite par Charles Lagarde en 1864, revue par nos soins.

Les récits de la Croisade Albigeoise, connus de nos jours, sont au nombre de trois :

— Cette Chronique de Maître Guillaume de Puylaurens, écrite en latin, qui couvre toute la période de 1202 où ont lieu les premiers prêches contre les hérétiques jusqu'en 1272 où le comté de Toulouse fut réuni au royaume de France.

— La chanson de geste qui couvre la période de 1208, quand le Pape Innocent III demande à l'ordre de Cîteaux de lutter contre l'hérésie jusqu'en 1219 où elle s'arrête brusquement au moment où le roi de France Louis VIII fait un nouveau siège de Toulouse. Elle fut écrite au fur et à mesure des évènements.

— L'Histoire des Albigeois de Pierre de Vaulx-Cernay, écrite en latin, qui est en fait l'histoire de Simon de Montfort écrite à l'époque des évènements et qui s'arrête en 1218 à la mort de Montfort.

Origine des Cathares

Le catharisme venu d'orient, en passant par les Balkans bulgares, s'est répandu en Languedoc au XIIème siècle. À la fin de ce siècle, on comptait huit cents églises cathares dans le Languedoc. Il s'appuyait principalement sur l'évangile de Jean.

Le catharisme est une religion manichéiste qui oppose le Bien, le domaine spirituel au Mal, le domaine matériel. Les cathares dénonçaient l'évolution vers la richesse et la corruption de l'Église romaine. Ils recherchaient une vie ascétique et généreuse.

Les églises cathares ne reconnaissaient aucune autorité ecclésiastique. Les cathares se faisaient appeler Bons Hommes et Bonnes Dames et prenaient le nom de Parfaits lorsqu'ils recevaient le consolament (consolamentum) et s'engageaient dans une vie religieuse. Les simples croyants recevaient le consolament lors de leur mort pour permettre à l'âme de quitter le corps, les Cathares croyant à la métempsycose.

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La situation du Languedoc

Ancien royaume des Wisigoths rattaché à la France par Charlemagne, séparé lors de la mort de Charlemagne, puis rattaché et à nouveau séparé par Louis le Pieux qui confie l'Aquitaine à son fils Pépin.

L'antagonisme restait grand entre les Français du Nord et les gens du Midi.

Alors que les Français, dès Clovis, ont adopté la foi catholique romaine, le Midi est resté longtemps fidèle à l'arianisme en faveur dans les premiers temps de la chrétienté. Le Languedoc était de ce fait facilement hostile à l'autorité de Rome et les « hérésies » s'y développaient facilement.

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L'organisation de la Croisade

Les Croisades sont organisées par le Pape. L'Église envoie des prédicateurs pour convaincre les seigneurs d'y participer.

Le Pape finance les Croisades en prélevant ses ressources sur les églises. Il accorde aux Croisés l'indulgence plénière de tous leurs péchés qui efface les péchés passés, en échange de quoi, le Croisé doit fournir quarante jours (la quarantaine).

La Croisade est un honneur pour la chevalerie, c'est une étape indispensable pour un parfait chevalier.

La Croisade donne aussi le droit de pillage, ce qui permettait aux Croisés de récupérer les dépenses qu'ils devaient engager.

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Les principaux évènements de la Croisade

La Croisade des Albigeois présente plusieurs grandes étapes. Elle est initiée par le Pape Innocent III, élu pape en 1198, pour forcer les seigneurs du Languedoc à lutter contre les hérétiques. Une fois tombées les villes de Béziers et Carcassonne, Montfort est nommé comte du Languedoc et se battra jusqu'à sa mort en 1218 pour obtenir la soumission des comtes et des villes. La croisade sera ensuite reprise par le roi Louis IX, plus dans un souci de conquête, pour finir par le rattachement du Languedoc à la France en 1171.

Les faits marquants furent les suivants :

1147 – Prédication de St Bernard à Verfeil.

1167 – Conciliabule de St Félix de Caraman, où les hérétiques élisent leur pape.

1167 (15 octobre) – Meurtre de Raymond Trencavel à Béziers, dans l'église de Sainte-Madeleine,

1181 – Prise de Lavaur par le cardinal St Pierre Chrysogone.

1194 – Raymond VI devient comte de Toulouse.

1196 – Mariage de Raymond VI avec Jeanne d'Angleterre.

1197 – Naissance de Raymond-le-Jeune, à Beaucaire.

1200 – Mariage de Raymond VI avec Éléonore d'Aragon.

1201 – Mort de Fulcrand, évêque de Toulouse ; Raymond de Rabastens lui

succède.

1204 – Prise de Constantinople dans la 4ème croisade.

1206 – Foulques occupe le siège épiscopal de Toulouse.

1207 – Controverse de Montréal.

1208 – Meurtre du légat Pierre de Castelnau, près de St-Gilles. – Naissance du prince Jacques d'Aragon. – Prédication de la croisade des Albigeois

1209 – (22 juin) Raymond VI se soumet au légat Milon.

1209 – (22 juillet) Prise de Béziers.

1209 – (24 juillet) Marche des croisés sur Carcassonne.

1209 – (22 août) Simon de Montfort est proclamé vicomte de Béziers et de Carcassonne.

1209 – (10 novembre) Mort de Raymond-Roger, vicomte de Béziers.

1210 – Prise du château de Minerve. Création de La Confrérie Blanche et la Confrérie Noire à Toulouse.

1210 – Le prince Jacques d'Aragon est livré en otage à Montfort.

1210 – Raymond VI fait un voyage en Italie, pour demander au Pape l'absolution que lui refusent les légats.

1210 – Prise de Lavaur, de Casser et de Montferrand.

1211 – Simon de Montfort paraît devant Toulouse. – Siège et bataille de Castelnaudary, où Raymond VI est vaincu.

1213 – (12 septembre) Bataille de Muret ; mort de Pierre II d'Aragon, auquel succède son fils Jacques 1er.

1214 – Concile de Montpellier.

1215 – Première expédition du prince Louis de France jusqu'à Béziers. – Naissance de Saint-Louis, à Poissy.

1215 – Concile oecuménique de St Jean de Latran, qui adjuge le Comté de Toulouse à Simon de Montfort. – Raymond VI se retire en Espagne.

1216 – Sac de Toulouse par Simon de Montfort.

1216 – Mort du pape Innocent III ; Honorius III lui succède et fonde l'Inquisition.

1217 – Raymond VI, rappelé d'Espagne par ses sujets, recouvre Toulouse.

1218 – Mort de Simon de Montfort au siège de Toulouse. – Son fils Amaury lui succède. – Combat de Baziége.

1219 – Croisade du prince Louis de France. – Siège de Marmande.

1219 – (16 juin) Le prince paraît devant Toulouse ; il lève le siège, le 1er août.

1220 – Naissance de Jeanne de Toulouse, fille de Raymond-le-Jeune et de dona Sancha d'Aragon.

1220 – Révolte des habitants de Béziers contre le légat Conrad de Porto.

1220-1221 – Prise de Lavaur, de Puylaurens, de Montréal par Raymond-le-Jeune.

1222 – Mort de Raymond VI le Vieux ; Raymond VII lui succède.

1222 – Mort de Roger Bernard, Comte de Foix.

1223 – Mort de Philippe-Auguste, roi de France ; son fils Louis VIII lui succède.

1223 – Amaury de Montfort évacue le Languedoc.

1224 – Le jeune Raymond-Roger Trencavel rentre à Béziers.

1225 – Assemblée de Bourges, où Raymond VII et Amaury de Montfort exposent leurs droits contradictoirement.

1226 – Croisade de Louis VIII.

1226 – (12 septembre) Prise d'Avignon.

1226 – (7 novembre) Mort du roi, à Montpensier en Auvergne. Minorité de Louis IX. Régence de Blanche de Castille.

1227 – Prise du château de la Bessède par Humbert de Beaujeu.

1228 – (31 janvier) Mort de Guy de Montfort, frère de Simon, à Vareilles.

1228 – Prise de Castel-Sarrazin par Raymond VII.

1228 – Dévastation des environs de Toulouse par les Croisés.

1229 – (12 avril) Traités de Meaux et de Paris, qui préparent la réunion du Comté de Toulouse à la France. – Pénitence publique de Raymond VII.

1229 – (3 juin) Raymond VII est armé chevalier par le roi.

1229 – (juillet) Réconciliation de Toulouse à l'Église. – Les Inquisiteurs s'y établissent.

1231 – (25 décembre) Mort de Foulques, évêque de Toulouse.

1232 – (21 mars) Frère Raymond de Falgar est élu évêque de Toulouse.

1233-1234 – Statuts de Raymond VII. – Création de l'Université de Toulouse.

1240 – Siège de Carcassonne par Trencavel. – (11 octobre) Levée du siège.

1241 – (21 août) Mort du pape Grégoire IX.

1242 – Réconciliation de Raymond VII avec le roi, à Lorris.

1242 – Meurtre des Inquisiteurs à Avignonet

1243 – Voyage de Raymond VII à Rome. – Intronisation du pape Innocent IV (28 juin).

1243 – Prise du château de Montségur, où sont brûlés 200 hérétiques.

1244 – (25 décembre) Le Comte de Toulouse tient une cour plénière. Maladie de St Louis.

1246 – Mariage de Charles d'Anjou avec Béatrix de Provence.

1246 – Roger Trencavel-le-Jeune cède au roi de France ses droits sur Béziers.

1247 – Raymond VII prend la croix avec ses vassaux. – Concile de Béziers.

1249 – (27 septembre) Mort de Raymond VII à Millau. – Sa fille Jeanne lui

succède avec son mari Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX.

1270 – (19 octobre) Mort de Frère Raymond, évêque de Toulouse.

1271 – Mort de Jeanne de Toulouse et d'Alphonse de Poitiers. Le roi de France, Philippe III, réunit à la couronne le Comté de Toulouse.

1272 – (28 mai) Entrée solennelle du roi à Toulouse.

1272 – Soumission du Comte de Foix.

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Les hommes concernés

De nombreux noms sont cités par les auteurs comme c'est l'usage dans les épopées. La plupart sont inconnus de nos jours et rechercher leur biographie ne présenterait pas de réel intérêt. L'orthographe des noms peut d'ailleurs varier en fonction des auteurs et des traductions.

Les principaux participants à la croisade sont les suivants :

Les papes Innocent III de 1198 à 1216, Honorius III de 1216 à 1227 enfin Grégoire IX de 1227 à 1241.

Les comtes de Toulouse, Raymond VI assez hésitant, puis son fils Raymond VII plus belliqueux. Raymond VII n'aura qu'une fille, mariée au frère du roi de France, Alphonse de Poitiers qui héritera du comté de Toulouse à la mort de Raymond VII et le transmettra au royaume de France à sa mort en 1271.

Les autres seigneurs occitans, vassaux des comtes de Toulouse : Raymond Roger de Trencavel, vicomte de Béziers, Carcassonne, Albi et Razès qui est fait prisonnier dès la prise de Carcassonne en 1209. Son fils Raymond II Trencavel qui tentera vainement de recouvrer ses titres et sera remis par Raymond VII dans Carcassonne pendant deux ans de 1224 à 1226. Raymond Roger, comte de Foix et son fils Roger Bernard II. Bernard IV, comte de Comminges.

Les barons de la Croisade : Eudes III, duc de Bourgogne ; Pierre II de Courtenay, comte d'Auxerre ; Hervé IV de Donzy, comte de Nevers ; Gaucher III de Châtillon, comte de Saint-Pol ; Adhémar de Poitiers, comte du Valentinois ; Guillaume des Roches, sénéchal d'Anjou.

Les ecclésiastiques contrôlant la croisade : Pierre de Castelnau, légat du pape, tué en 1208 ; Arnaud Amaury, abbé de Citeaux qui dirigea la croisade des barons ; Foulques, évêque de Toulouse.

Simon IV de Montfort, possédait de son père la petite seigneurie de Montfort-l'Amaury, entre Chartres et Paris, et du chef de sa mère le comté de Leicester. Dans la quatrième croisade, il avait suivi les chevaliers francs au siège de Zara ; puis il s'était rendu en Palestine, où il servit pendant cinq ans contre les Infidèles. Il arrivait à peine en France de son long pèlerinage d'outre-mer, lorsqu'il participa à la Croisade des barons. Après la chute de Béziers et de Carcassonne, il fut nommé par l'église Vicomte de Béziers, puis par la suite comte de Toulouse, il tentera vainement d'assurer son autorité sur le pays. Il est aidé par son frère Guy de Montfort puis sera remplacé par son fils Amaury de Montfort.

© 2014- Les Editions de Londres

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