Biographie de l’Auteur

img2.jpg

Emile Zola (1840-1902) est un écrivain et journaliste français, romancier d’un certain réalisme social et propagateur du naturalisme en littérature. C’est l’un des romanciers français les plus célèbres et les plus lus. Il est aussi souvent considéré comme l’un des quatre grands romanciers du Dix Neuvième siècle, avec Balzac, Stendhal et Flaubert. Si Hugo écrit très jeune « Je serai Chateaubriand ou rien », Zola aurait très bien pu écrire « Je serai Balzac ou rien », car Les Rougon-Macquart sont une tentative d’émuler la Comédie humaine, d’une façon plus structurée, plus tenue, et en embrassant un réalisme social qui faisait certainement défaut à Balzac, plus intéressé par la peinture de la bourgeoisie et de ses travers que par le peuple et sa misère. Les Rougon-Macquart, son œuvre principale, sont presque l’entreprise d’une vie ; peinture d’une famille au Second Empire, c’est avant tout la peinture du Second Empire, que Zola n’aimait guère, on le comprend. Chacun des vingt volumes embrasse un thème ou un environnement, et voit évoluer les personnages par des processus de filiation qui cherchent à épouser une sorte de biologisme à l’échelle sociale aux relents douteux. Qu’importe, franchement, c’est l’individualité de chacun des vingt ouvrages qui nous intéresse, bien plus que la somme de l’œuvre, car, quant à la conclusion, Les Editions de Londres se sont fait une opinion depuis bien longtemps : le Second Empire, ce n’est pas notre tasse de thé. Raison de plus pour que Les Editions de Londres passent une bonne partie de leur temps à en parler (voir la note sur Napoléon le Petit qui dresse le bilan enviable du dernier empereur de France).

Zola, entre 1871 et 1888, volume après volume, nous lègue d’inoubliables chefs-d’œuvre : Dans La fortune des Rougon, bientôt publié par EDL, il pose ses personnages et s’intéresse au Coup d’Etat de 1851. Dans La curée, il décrit la destruction de Paris et la gigantesque bulle immobilière qui en découle. Dans Le ventre de Paris, ce sont les Halles, puis la perversité sociale et le lien entre le stupre et le pouvoir dans Nana, le démarrage des Grands magasins dans Au bonheur des Dames, la condition ouvrière dans L’assommoir, le monde des mineurs et la misère du Nord dans Germinal, la corruption politique sous la férule du plus corrompu de tous, Napoléon III, dans Son excellence Eugène Rougon, la spéculation boursière et ses mécanismes dans L’argent, la défaite ignominieuse de l’armée française et la corruption de ses élites dans La débâcle.

Ecrivain minutieux, il aurait un être un grand journaliste et un grand historien. Ses théories naturalistes, ses théories littéraires, l’importance de l’hérédité dans le destin individuel, tout cela ne nous intéresse guère. En revanche, sa peinture du Second Empire est unique dans l’histoire de la littérature. Ne sous-estimons pas le témoignage historique que représentent Les Rougon-Macquart. Son style, l’équilibre entre le travail sur les personnages, l’analyse des caractères, les descriptions, l’imbrication des destins individuel et collectif, la description des phénomènes économique, politique, scientifique et social à l’œuvre, tout ceci vaut son pesant d’or. Et puis, il y a Zola l’engagé, qui évidemment invite à la comparaison avec Hugo, de même que J’accuse pousse d’une certaine façon la comparaison avec Napoléon le Petit, qui est le J’accuse du Second Empire, tandis que le vrai J’accuse, celui du critique implacable du Second Empire, est le J’accuse de la Troisième République.

© 2011- Les Editions de Londres