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Star Wars : mythologies

par Jim Rousseau

Prix : 1,99 €
ISBN : 978-1-910628-60-7
Nombre de pages : 64 pages
Langue du livre : français

Thème : Nouveautés!

Trente-neuf ans après la sortie du premier film (ou quatrième épisode), « La guerre des étoiles » est la plus importante influence culturelle des cinquante dernières années.

Certains films ont changé le monde (« Le cuirassé Potemkine », « Metropolis », « Citizen Kane », « La grande illusion », « Casablanca » etc.) mais c'est davantage par leur influence sur les élites et les futurs réalisateurs que par l'impact direct et immédiat qu'ils eurent sur une, puis plusieurs générations, que ces films s'inscrivirent dans la mémoire.

Plus récemment, d'autres films ont suscité un engouement mondial et de similaires effets de culte (« Grease », « E.T. », « Le seigneur des anneaux », « Avatar »...), mais ils n'ont soit pas supporté l'épreuve du temps, soit jamais dépassé le cadre d'une génération.

« La guerre des étoiles », d'abord une trilogie cinématographique pensée dès ses débuts comme une épopée en neuf volets (et dont sept à ce jour ont été réalisés, avec des fortunes diverses), est unique dans l'histoire de l'humanité.

Jamais une œuvre (culturelle, cinématographique) n'a marqué autant d'hommes et de femmes en aussi peu de temps. Ses thèmes, ses personnages, sa musique, ses symboles, son intrigue, son système philosophique et moral, sa vision du monde et de l'histoire, ont fasciné le monde entier. Ses épisodes, ses personnages, ses images, ont profondément transformé la culture mondiale.

Lorsqu'en 1977 sort le premier film (personne à l'époque ne parle de quatrième épisode), l'Amérique sort d'une période trouble. Après la période dorée des années cinquante, le renouveau des années soixante, le doute est le thème majeur des années soixante-dix (Vietnam, Saigon, LSD, criminalité, inflation, chômage, choc pétrolier, refus des valeurs patriotiques américaines...). Au milieu de cette période douloureuse pour les Américains qui détestent douter, dominent les films noirs et sombres, marqués notamment par les chefs d'œuvre sur le Vietnam : « Apocalypse Now » et « The deer hunter ».

C'est alors qu'apparaît ce film de science-fiction fait avec un budget médiocre et réalisé par un metteur en scène inconnu. Sur le papier, cela ressemble à un Space opera comme il y en a déjà eu beaucoup en Amérique (« Flash Gordon », « Galactica »...).

Or, dès les premières images, on comprend que l'on n'a jamais rien vu de tel.

Cette œuvre est si importante, si dense, si marquante, qu'elle a été paradoxalement beaucoup moins commentée que d'autres œuvres plus modestes. On peut rapidement dire beaucoup de choses d'un film, de ses acteurs, de ses qualités cinématographiques, même de ses effets spéciaux. Tel n'est pas le cas pour « La guerre des étoiles ».

On ne fait pas l'analyse critique d'une mythologie.

On la connaît par cœur ou on ne s'y intéresse pas. De même qu'on était en droit de ne pas croire aux Dieux Grecs ou Romains au premier siècle après Jésus-Christ, on peut continuer à vivre fin du Vingtième siècle ou début du Vingt et unième en ignorant l'appel au secours de la Princesse Leia.

« La guerre des étoiles » est une œuvre si entière, si totale, si inhumaine par bien des aspects (comme si elle avait été offerte aux humains par un créateur mystérieux), qu'il est sacrilège mais surtout hors sujet de parler du jeu de Mark Hammill, de Carrie Fisher, ou de tous ces autres personnages essentiels, Yoda, Darth Vader, C-3PO, R2-D2, Jabba the Hunt, Chewbacca etc. Seuls Harrison Ford et Alec Guinness sont des acteurs au sens classique du terme.

On peut commencer à critiquer, analyser le scénario, les thèmes, les effets spéciaux, l'image, les thèmes musicaux... Alors, on doit se rendre à l'évidence : « La guerre des étoiles » n'est décidément pas un film. Ni une série de films. Ici, le tout est bien plus grand que la somme de ses parties. C'est une mythologie.

Et c'est avant tout en tant que mythologie qu'elle doit être traitée.

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