• Partager sur Facebook
  • Imprimer.

Exégèse des lieux communs

par Léon Bloy

Prix : 1,99 €
ISBN : 978-1-911572-37-4
Nombre de pages : 327 pages
Langue du livre : français

Thème : Idées

L'"Exégèse des lieux communs" est un pamphlet de Léon Bloy publié en deux fois, en 1902 et en 1912, la deuxième fois dans une version enrichie de cent cinquante pages.

Dans cet ouvrage, l’écrivain catholique et misanthrope s’en prend à l’une de ses proies favorites, le bourgeois, « l’homme qui ne fait aucun usage de la faculté de penser et qui vit ou parait vivre sans avoir été sollicité, un seul jour, par le besoin de comprendre quoi que ce soit.»

Si l’on compare parfois cet ouvrage avec le « Dictionnaire des idées reçues » de Flaubert, on se trompe : dans l’ « Exégèse des lieux communs », Bloy ne donne pas dans la satire, le mot d’esprit, le calembour, il détruit, massacre, réduit en poussière tous ses contemporains, avec une verve parfois cruelle, et toujours dévastatrice. Avec ce pamphlet, Léon Bloy confirme sa réputation de misanthrope extrême.

En voici quelques morceaux, typiques du style à la fois outrancier et raffiné de Bloy :

Etre dans les nuages : « Aimer autre chose que ce qui est ignoble, puant et bête ; convoiter la Beauté, la Splendeur, la Béatitude ; préférer une œuvre d’art à une saleté et le Jugement Dernier de Michel-Ange à un inventaire de fin d’année ; avoir plus besoin du rassasiement de l’âme que de la plénitude des intestins ; croire enfin à la Poésie, à l’Héroïsme, à la Sainteté, voilà ce que le Bourgeois appelle « être dans les nuages ». »

On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs : « C’est en ces termes que le colossal bourgeois Abdul- Hamid dut expliquer à son serviteur et bon ami Hanotaux le massacre des deux ou trois cents mille chrétiens d’Arménie. »

Quo Vadis ? : « Oh ! Je n’ai pas l’intention de parler de ce livre sot, si durement condamné par son succès même et qu’admirent, avec unanimité, catholiques et protestants, ce qui est, intellectuellement, la honte des hontes. On a vu des curés le citer en chaire !... »

Perdre ses illusions : « Un bourgeois qui n’aura pas perdu ses illusions ressemblerait à un hippopotame qui aurait des ailes. »

Les petits ruisseaux font les grandes rivières : « Ainsi parle mon épicier empochant les sous des misérables. Ainsi parle tel financier raflant l’épargne des humbles gens. Ainsi parle Chamberlain en voyant couler le sang des petits enfants des Boers. Et tous trois disent exactement la même chose. »

Encourager les Beaux-Arts : « Quand le Bourgeois, retiré des affaires, a marié sa dernière fille, il encourage les Beaux-Arts. Ça et les timbres-poste, ça va toujours. Ce précieux encouragement consiste à payer fort cher la camelote ou le gratin des artistes décorés. Entre Memling encore inconnu et un peinturier du Luxembourg, il n’hésitera pas une seconde. »

©Les Editions de Londres

Retour en haut de page