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Salammbô

par Gustave Flaubert

Prix : 1,99 €
ISBN : 978-1-911572-50-3
Nombre de pages : 392 pages
Langue du livre : français

Thème : Romans

« Salammbô » est un roman de Gustave Flaubert publié en 1862, dont l’action se situe à Carthage et qui raconte l’épisode de la guerre des Mercenaires.

Carthage

Carthage fut l’une des plus grandes civilisations de l’antiquité. D’abord un comptoir phénicien, elle prit son indépendance vers le VIIème siècle avant Jésus-Christ et en vint à dominer le commerce en Méditerranée. Civilisation maritime, elle entra en conflit avec les Grecs à propos de la Sicile (guerres gréco-puniques), puis avec Rome au troisième siècle avant Jésus-Christ, quand les deux plus grandes puissances de l’époque s’affrontèrent au cours des trois guerres puniques, dont l’issue fut la destruction terminale de Carthage et le massacre de ses habitants.

Hannibal, le général carthaginois, architecte de la deuxième guerre punique, est souvent considéré comme l’un des plus grands généraux de l’antiquité, ou de l’histoire.

Les sources sur Carthage sont malheureusement limitées à celles des vainqueurs, les Latins et les Grecs : Tite-Live, Polybe, Plutarque, Hérodote…

Les Carthaginois se libèrent du joug phénicien au VIIème siècle. Au VIème siècle, ils dominent la Méditerranée occidentale : iles Baléares, Sardaigne, Corse, Ibérie, ouest de la Sicile, et des terres africaines : Mauritanie, Numidie…

Selon Strabon, il y aurait trois cents comptoirs phéniciens à l’époque de la troisième guerre punique.

Parfois, les comptoirs proprement phéniciens ne sont pas faciles à distinguer des comptoirs proprement carthaginois. Quand les Phéniciens contrôlent Chypre, la Sardaigne, la Corse et les iles Baléares, ainsi que des parties de la Sicile et de la Crète, les Carthaginois sont dans la péninsule ibérique et en Lybie.

Carthage aurait été fondée par la reine Elyssa (ou Didon selon la légende) et d’autres refugiés tyriens en 814 av JC, donc à peu près à la même époque que Rome.

Selon la tradition, le roi local leur offrit un territoire d’une taille identique à ce que pourrait recouvrir une peau de bœuf. La reine Elyssa eut recours à une ruse, et découpa la peau en fines lanières, lui permettant d’entourer un territoire suffisant pour bâtir une citadelle. C’est donc sur la base d’une ruse que les Tyriens et futurs carthaginois réussissent leur première implantation. Serait-ce le premier exemple de « colonisation » moderne d’un territoire africain par des méditerranéens.

L’amour d’Elyssa et d’Énée fait l’objet d’un long passage de l’Énéide de Virgile. Énée quitte ensuite Carthage pour aller fonder la nouvelle Troie, Rome.

En raison des origines phéniciennes de Carthage, les archéologues ont du mal à distinguer ce qui est colonie tyrienne ou phénicienne et colonie carthaginoise. Ce qui est certain, c’est que Carthage connait un essor pendant plusieurs siècles, culminant avec les guerres puniques, alors que Tyr connait un déclin (les Phéniciens subissent les attaques constantes des Babyloniens et des Assyriens). Dès le 6e siècle, Carthage contrôle les colonies phéniciennes de la Méditerranée occidentale.

A la veille des guerres puniques, Carthage est un empire puissant, une thalassocratie basée sur le commerce maritime grâce à ses multiples colonies, et fondé sur l’exploitation des richesses agricoles tirées de l’arrière-pays africain ainsi que sur une armée de mercenaires.

Sardaigne : la colonisation date du 6ème siècle et couvre une bonne partie du littoral occidental ainsi que l’intérieur, à l’exception du nord-est.

Malte : d’abord colonisé par les Phéniciens, il passe ensuite sous contrôle carthaginois. En 1758, on retrouve deux cippes portant des inscriptions bilingues en phénicien et en grec, grâce auxquelles l’abbé Jean-Jacques Barthélemy parvient à déchiffrer la langue phénicienne.

La colonisation carthaginoise continue : en Sicile, en Espagne, à Ibiza, et en Afrique.

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Les guerres siciliennes

Au cinquième siècle avant Jésus-Christ commencent les guerres siciliennes.

L’hégémonie croissante de Carthage inquiète beaucoup les Grecs. C’est Gélon, tyran de Syracuse, qui le premier et avec l’aide de plusieurs cités grecques, attaque Carthage. Le général Hamilcar de Giscon mène ses troupes considérables et subit une défaite terrible. L’évènement est tel que le gouvernement aristocratique est remplacé par une République. C’est la fin de la première guerre sicilienne.

Cette défaite pousse Carthage à se tourner vers son arrière-pays. A la fin du cinquième siècle, la république a conquis une bonne partie de la Tunisie et des territoires environnants. Carthage soutient les expéditions d’Hannon et Himilcon vers l’océan atlantique. Hannibal de Giscon, le fils d’Hamilcar, s’embarque pour la Sicile. Les troupes carthaginoises sont à plusieurs reprises les victimes d’une épidémie de peste. Apres quelques victoires en Sicile, en dépit des épidémies, l’arme carthaginoise occupe une partie du territoire sicilien et ainsi s’achève cette deuxième guerre punique.

A la fin du quatrième siècle, le tyran Agathocle lance une attaque contre Messine et prend la ville. Bientôt il est aux portes d’Agrigente, également occupée par les Carthaginois. Hamilcar contre-attaque et reprend les villes aux syracusains. Profitant du fait que les troupes carthaginoises sont en Sicile, Agathocle s’en prend directement à Carthage en envoyant ses hommes sur le territoire africain. Devant le danger, Hamilcar est obligé de revenir, et bat l’armée d’Agathocle quand celui-ci perd ses alliés libyens.

Ensuite, au troisième siècle avant J.C., Pyrrhus s’attaque à la république romaine puis à Carthage afin d’augmenter sa sphère d’influence. Il veut débarrasser la Sicile de Carthage et envisage même de monter une expédition contre la cité punique. L’expédition n’a jamais lieu, la guerre en Sicile se solde par un statu quo, et Pyrrhus perd son influence au profit de la république romaine.

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Les guerres puniques

Mais l’expédition de Pyrrhus, en s’attaquant à Rome et à Carthage, paradoxalement, va jeter les deux cités rivales l’une contre l’autre. A l’époque, Rome est une société terrienne, faite de paysans-soldats. Carthage est une thalassocratie impérialiste.

Les Romains s’emparent de la garnison de Messine en traversant le détroit, puis attaquent avec succès les villes de Ségeste et d’Agrigente. Les Carthaginois doivent fuir ; les Romains débarquent au Cap Bon et détruisent la cité de Kerkouane. Les Carthaginois recourent à des mercenaires qu’ils font venir de Sparte. Hamilcar Barca négocie les conditions de paix avec Rome. La cité punique abandonne la Sicile aux Romains et perd la Sardaigne. La première guerre punique s’achève par un échec pour Carthage.

C’est dans ce contexte que commence la « révolte des mercenaires » qui constitue la toile de fond du roman de Flaubert.

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La guerre des mercenaires

La guerre des mercenaires (241-238) fait suite à la première guerre punique et représente à la fois la première guerre civile et la première « guerre des esclaves ». La révolte est menée par Spendios, un mercenaire de Campanie, et Matho, le chef des Libyens. Par l’intermédiaire de Hannon, le Sénat essaie de négocier la solde qui est due aux mercenaires, mais l’exercice s’achève par un échec.

A contrecœur, le Sénat demande le retour d’Hamilcar. Ce dernier remet sur pied une armée et, après trois ans de combats, écrase les rebelles.

Flaubert s’inspirera beaucoup de l’histoire de Polybe afin de raconter les évènements qui émaillent cet épisode tragique de l’histoire de Carthage, sorte de pont entre la première guerre punique et la deuxième. Mais il séjourne aussi à Tunis entre avril et juin 1858, il lit les textes des auteurs antiques : Polybe, Appien, Xénophon, Plutarque, Hippocrate.

Il invente ( ?) l’existence de Salammbô, aperçue par les chefs des mercenaires dans les jardins d’Hamilcar, et dont Matho tombera si amoureux qu’il écoutera Spendius quand ce dernier lui suggère de prendre Carthage.

C’est un chef d’œuvre qui fait la transition entre le romantisme et le réalisme.

Publié en 1862, le roman sera un succès. Son incipit, « C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar. », est l’un des plus célèbres de la littérature française.

©Les Editions de Londres

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