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Traitements de textes

par Didier Bazy

Prix : 2,99 €
ISBN : 978-1-910628-46-1
Nombre de pages : 197 pages
Langue du livre : français

Thème : Nouveautés!

Traiter des textes.

Trahir ce à quoi un texte veut renvoyer. Décaler la vue, suggérer des lunettes non polies. Dévier le sens, proposer des traverses. Écrire sur le lire passe forcément par une forme de mémoire spéciale. Tel mot, telle image, telle idée se connecte, volens nolens, sur tel dispositif que l'on croyait oublié et qui, grâce de la lecturécriture, surgit en criant gare. Ici, le critique est un peu garde-barrière et garde-fou. S'il ne se méfie pas de son garde-boue, le texte le tache dans le dos. Foutu critique.

Sur la relation critique, beaucoup a été dit et écrit. Queneau, Blanchot, Starobinski, Barthes, Foucault, Deleuze, mais aussi Leiris, Baudelaire, Proust et Hofmannsthal, et d'autres. Ces lumières vertigineuses traversent ces échos amicaux. Ces traitements de textes n'acquitteront jamais assez la dette. La relation critique oscille entre théorie littéraire, compte-rendu et déclaration d'amour. Il y a des mélanges talentueux et des mixtures ratées. Chacun y va de son couplet. Là, nous avons tenté d'éviter le jugement, moulinette du point de vue préfabriqué ou, pire du pire, du plagiat. Ici, nous nous sommes installés dans le sensible dirimant. La juste citation économise le commentaire. Dégager sous le détail ce qui parle à l'oreille plus que ce qui saute aux yeux. Demeurer au plus près du poétique présent sous le texte. Débusquer le créatif. La dentellière contre le bulldozer. Le décousu du cousu recousu. Cela aurait pu donner un autre titre. Échos sans papier a cédé aux Traitements de textes.

Disséminés, perdus sur feu lavielitteraire.fr, sur la vive lacauselitteraire.fr, sur des blogs, sites ou pages noyées dans le web, ces échos, tantôt coups de cœur tantôt coups de doigt, toujours tapés directement sur un clavier, sont ici rassemblés pour la lecture numérique. Sa navigation permet la balade, la rêverie, la recherche libre, par mots-clés ou par hasard. Quelques échos sont inédits. D'autres ont passé à la trappe. Retirés d'un monde mais présents dans un autre. Traités expressément pour ce volume ou retraités. Tantôt pour le plaisir, tantôt pour la nécessité de l'agencement de l'ensemble. D'autres octets encore resteront hébétés dans un ordinateur ou paumés sur le Web. Un agencement implique des choix. Classer n'est pas caser. Classer, c'est éclairer le chaos.

Ces échos traitent aussi de textes peu ou pas encore assez connus. Quelques discrets au milieu du fracas des titans. C'est le lot de la littérature. Elle touche à tout, doit tout toucher. La censure a cédé le pas à l'autocensure. Les disciplines fuient et les contrôles s'immiscent. Traiter des textes revient souvent à détecter à côté des styles, des couleurs et des contenus supposés, ce qui mine comme ce qui éveille. Hommage aux méconnus.

La « présentation » alphabétique s'est vue désarticulée par le clavier Azerty. On peut se demander pourquoi. Pourquoi pas Qwerty ? Ou Bepo ? Un traitement de texte azerty en vaut bien un autre. Bien sûr, il manque des touches au clavier : Y comme Yourcenar, U comme Ubu, Q comme Queneau, F comme Flaubert, X comme génération inconnue, V comme vide, N comme fin. Ce sera peut-être pour la prochaine fois, s'il y a une prochaine fois.

Traiter des textes revient, au bout de tous les comptes, à honorer ce que l'on traite et à oublier ce que l'on trahit. C'est toujours un exercice d'admiration et d'amitié. Les auteurs ne sont pas en reste pour autant. Parole leur est rendue. Plume leur est donnée. Le cas échéant. Pas assez souvent. Quelques traits de plus pour un traitement de moins.

Didier Bazy

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